débadidé
janvier 28, 2007
La tendance en ce début de campagne présidentielle, pour tout bon éditorialiste consiste à s’indigner avec un air innocent, alors que la plupart navigue dans “le monde politico-médiatique” depuis des lustres, connaisse la mécanique politique comme leur poche d’éditorialiste…La tendance donc consiste à s’indigner des coups bas terribles, petites phrases assassines et autres entourloupes perfides et pas très originales que s’infligent les candidats à tour de rôle.
Outre que les médias, aussi carnivores qu’il sont, ne se sont jamais nourris que de ça tout en lançant régulièrement des appels très hypocrites au “débat d’idées”-imaginez, ne serait-ce un seul instant un “débat d’idées” animé par Arlette Chabot (son émission, dont le nom m’échappe, sorte de “questions pour un champion” politique, le buzzer en moins en est le contre exemple absolu, même François Hollande -attéré par le petit quizz d’Arlette en début d’émission- pensait qu’il y avait peut-être un “filet garni” à gagner à la fin, une question structurée voire impertinente de Claire Chazal, ou la discussion approfondie d’un programme dans “20 minutes”) sitôt la campagne commencée, ils ignorent subtilement qu’ils en sont parmi les principaux scénaristes et qu’il ne tiendrait qu’à eux de tenter d’en élever le niveau plutôt que de gloser jusqu’à plus soif sur les “bourdes monumentales” (fichtre !) d’un Montebourg, aussi tragi-comiques, fussent-elles.
Aussi, tout bon éditorialiste, à ce moment de la campagne se doit d’interpeller les candidats sur le mode “Ne soyons pas angéliques, une campagne présidentielle est aussi un rude combat de personnalités, une opposition de stratégie d’images quasi-militaire, mais de l’art de la guerre politique il ne faudrait pas faire un affrontement rhétorique au point d’en oublier la confrontation idéologique” (L’éditorialiste aime les fins en “ique”, ça donne du rythme à son édito, ça fait le mec qui en connait des mots, et qui en plus a beaucoup réfléchi à son sujet).
Puis l’éditorialiste, sitôt son billet envoyé, peut s’en retourner vaquer à ces occupations d’éditorialiste, lire les dernières petites phrases politiques tombées sur le fil AFP, appeler ses copains politiques pour voir s’ils ont des trucs à balancer sur la dernière connerie du camp d’en face histoire d’alimenter le robinet à crasses, préparer son prochain billet sur la dernière bourde, se faire tout beau pour son émission du soir où il posera des tas de questions sur la stratégie du candidat, les gaffes de son adversaire, le tout en omettant soigneusement d’aller sur le terrain des idées et en s’indignant au moindre écart d’un candidat qui oserait sortir des clous. Pour dénoncer quelques temps plus tard dans un édito une campagne morne, où tous les coups sont désormais permis et surtout sans “débat d’idées”.














