Sarkozy au secours de TF1

février 20, 2007

Il est des déclarations qui, à quelques jours d’intervalle résonnent comme en écho, à croire que les interlocuteurs se fréquentent…

Prenez les interviews données au journal l’Express par Patrick Le Lay, vendeur à ses heures de temps de cerveau disponible et accessoirement PDG, sur le départ, d’une « entreprise modeste » nommée TF1.
Une entreprise modeste de 4.000 salariés pour un Chiffre d’Affaires de 2,65 milliards d’euros et comme le dit Patrick Le Lay sur le site web de sa « PME » qui maîtrise tout de même : “l’ensemble de la chaîne de valeur de l’audiovisuel, du développement de contenus fédérateurs à leur consommation sur tous les supports : TV, PC, les nouveaux supports mobiles jusqu’au hors média. TF1 propose ainsi une offre cohérente à ses annonceurs de l’approche grand public au “one to one” ». Modeste, mais de quoi faire quand même…

Dans son interview donnée à l’Express la semaine dernière, Patrick Le Lay, en réponse aux critiques concernant la couverture de l’élection présidentielle par sa chaine demandait instamment « la protection des politiques » : « La Une est une entreprise modeste comparée aux vrais «nouveaux entrants» que sont Google, Orange ou les géants qui gravitent, de par le monde, sur le marché des télécoms, avec des capitalisations boursières gigantesques et des résultats nets supérieurs à notre chiffre d’affaires. Face à ces conglomérats, il existe en France une entreprise de taille moyenne qui s’appelle TF 1 et que la classe politique devrait encourager et protéger, plutôt que de chercher à l’attaquer et à l’affaiblir. Seuls les groupes de communication nationaux peuvent garantir à la classe politique de ce pays un respect de notre identité et de nos valeurs, qui s’engageront autour du combat pour la diversité culturelle à la française ».

Cette semaine, sur le site web du même journal, une certitude, un candidat a compris le message, c’est celui de l’UMP : « La France est un pays démocratique qui s’est doté d’un nombre important d’instances de contrôle. Le CSA exerce une surveillance étroite sur l’indépendance des chaînes de télévision. Quant aux commandes publiques, elles sont, elles aussi, contrôlées. Par ailleurs, notre industrie des médias, assez fragile, est menacée par les évolutions considérables que sont la révolution numérique et la mondialisation. Elle a besoin d’avoir des groupes solides qui la structurent et la renforcent. C’est pourquoi l’équilibre doit viser en permanence à conforter le développement des groupes français, tout en préservant le pluralisme et l’indépendance du secteur. La situation actuelle, satisfaisante dans ses grandes lignes, n’exclut pas des adaptations », expliquait Nicolas Sarkozy.

« Modeste » pour l’un, « fragile » pour l’autre…Bref une entreprise famélique, un secteur où règne l’indépendance et des commandes publiques contrôlées…. Rien à signaler, tout va bien.
Comme le dit de façon si innocente le directeur de l’information de TF1, Robert Namias, « l’amitié entre Nicolas Sarkozy et Martin Bouygues, principal actionnaire de TF1, ne joue « en rien sur l’information » et encore moins sur leur vision de l’audiovisuel.

A lire les propositions de Ségolène Royal et François Bayrou qui déclarent pour leur part « anormal que des groupes industriels dont l’activité dépend pour partie de commandes de l’Etat soient à la tête de grands médias », on imagine que Martin Bouygues, Patrick Le Lay et Robert Namias auront une légère préférence dans l’isoloir.