Bolloré est revenu sur sa décision, et a finalement accepté de diffuser dans le gratuit « Matin Plus » l’article de « Courrier International » qualifié de « désagréable pour la France ». Mais mis à part le fait lui-même, c’est l’illustration du risque que fait peser la stratégie économique de Jean-Marie Colombani, récemment débarqué, sur l’indépendance éditoriale du groupe. A force de remettre en cause l’actionnariat historique du groupe et de se voir les yeux plus gros que le ventre, Colombani a fait rentrer des loups dangereux (Minc, Bolloré) dans la bergerie « Le Monde ».

Bolloré avait garanti toute neutralité, une charte éditoriale avait été élaborée. Mais on sait ce que valent ces frêles engagements face à la tendance interventionniste des industriels (proches du nouveau pouvoir, c’est à noter) séduits par le monde des médias.

(Pour l’anecdote, c’est Vincent Bolloré, en personne, qui a fait passer certains entretiens pour recruter les rédacteurs de ses journaux gratuits).

Les résistants de l’intérieur commencent à s’en rendre compte. Souhaitons simplement qu’il ne soit pas déjà trop tard.

– Le témoignage de François Bonnet, journaliste à Marianne et qui a travaillé sur le projet « Matin Plus » avant de quitter l’aventure.
Rue89.com

– Le blog du journaliste de Courrier International à l’origine de l’affaire.
Blog D’Alexandre Lévy